[ITW] Claire Laffut dit toute la vérité

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« Peu importe le médium, j’ai tout le temps besoin de créer sinon je me sens triste »

Claire passe la porte de chez Peonies, suivie de près par ceux de son label (GUM). Son gros manteau rose est assorti aux tables et cache le bout de son nez, rose lui aussi -le froid, et le regard brillant.
Un jus, un chaï, quelques blagues et quelques photos plus tard on discute du parcours de cette jeune et joyeuse Belge .

Je t’ai connue avec ta marque de tattoo éphémère Laclaire, par le dessin donc. La musique c’est nouveau pour toi?

C’est complètement nouveau, c’est venu avec mon copain qui est batteur. On s’est retrouvé dans son studio après un concert mais sans chanteur parce qu’il était à LA et alors j’ai commencé à chanter un peu pour rigoler. Lui était à la batterie et on est resté 4 jours dans ce studio à jammer et à faire la fête, on dormait même sur place. C’est la que je me suis dit « c’est cool la musique ». J’ai toujours écouté de la musique mais cette fois je passais de l’autre côté, je créais. C’était il y a deux ans, je suis tombée amoureuse de mon mec en même temps que de la musique. Je n’avais pas du tout prévu d’aller vers ça, mais finalement ça regroupe un peu tout ce que j(aime faire: de la DA, dessiner mes artworks, écrire et chanter… je me mets un peu à nu.

Tes différentes pratiques artistiques s’influencent pas mal en fait.

Grave! Tout ce que je faisais en peinture avec les bouches, les yeux tout ça, c’était déjà une première forme de langage inventé pour décrire le sentiment amoureux. Aujourd’hui je pose de vrais mots sur mes souvenirs, mes questions de jeune femme etc. En fait peu importe le médium j’ai tout le temps besoin de créer sinon je me sens triste.

Un autre medium que tu voudrais tester?

Je voudrais réaliser mes clips! Je suis une vraie geek, je connais tous les logiciels par coeur. Alors quand je sais comment ça fonctionne j’ai envie de mettre les mains dedans.

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Tes chansons sont très joyeuses et entraînantes, tu es comme ça aussi dans la vie?

Oui bien sûr! Chaque chanson a un mood différent. Pour chacune j’associe une couleur (synesthésie) : la vérité par exemple c’est le bleu, le pigment le plus difficile a avoir, une couleur très pure. Le mojo c’est le rouge etc. Le but c’est de réaliser une peinture pour chaque chanson et de monter une expo transversale avec la musique comme base forte. Pour la scène aussi, j’adorerai faire des décors de ouf!

Tu chantes en français, c’est venu naturellement?

Non pas trop trop. Tu sais moi je suis Belge et on est un peu réticent à la chanson française, en dehors des grands auteurs bien sûr. Je chante beaucoup plus naturellement en anglais, des trucs plus soul notamment. Et puis finalement, en rencontrant le producteur avec lequel je travaille, j’ai commencé à écrire comme je parle, en français, un peu comme les débuts de La Femme. Et j’ai adoré, je me suis rendue compte que je pouvais être plus précise en français. La difficulté c’est d’arriver à écrire et chanter du français qui sonne bien, parce qu’en français, si tu pousses la note ça peut vite faire Helène Segara ahahah. Le français ça doit être millimétré et subtile, bien dosé.

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Pourquoi penses-tu que depuis cinq six ans tout le monde chante en français?

Déjà c’est un pays avec une énorme culture et c’est surtout le français qui a été mis en avant chez les artistes. Et puis il y a le truc des quotas radio, faut pas se le cacher. Enfin je pense que le français moyen n’est pas super doué en anglais et l’anglais c’est une vraie vibe, ça a une vraie personnalité, pas si facile non plus. Moi j’aime bien mixer les deux, on est en 2018 faut pas se mettre de barrière.

Qui sont tes plus grandes inspirations?

J’ai pas de modèle précis. Je pique des choses en peinture, en musique, dans les films, mais de vrai modèle. Par exemple je vénère Gainsbourg mais ce que je vais retenir de ses chansons c’est la manière dont il va respirer, susurrer quelques mots, l’usage de mots complexes mais qui sonnent bien. Sinon je suis fan de Amy Winehouse et des monuments Nina Simone et Lauryn Hill, des femmes à voix et à chansons.

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Paris ou Bruxelles?

Je vivais avec mon premier amour à Bruxelles depuis mes seize ans et quand ça s’est fini j’ai eu besoin de tout quitter, totalement. Alors je suis partie voir mon amie Charlotte Abramow qui commençait ses études aux Gobelins, je suis restée une semaine et puis je me suis dit c’est mort je rentre plus! Et je ne suis plus rentrée. J’aime Paris mais je ne suis pas contre Bruxelles, j’avais seulement besoin de mon exil à 19 ans et de me trouver dans la jungle parisienne ça m’a beaucoup forgée et construite. Maintenant que je me suis trouvée, j’aimerais retourner à Bruxelles, avoir un grand espace de création, et voir ma famille plus souvent mais je vais attendre un peu!

Tu considères ta musique comme pop?

Je suis pas sûre de bien comprendre ce mot « pop », j’associe ça à Mickael Jackson « roi de la pop », à Andy Warhol… Pour moi c’est la nouveauté, alors peut-être que je suis pop! Il y a décidément de la pop dans ce que je fais, mais je ne veux pas me coller de style ou de genre, j’attendrai qu’on le fasse pour moi!

 

Photos :  Agathe Rousselle
Agathe est sur Instagram @ag_rou

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